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Voyage d’Etudes au Niger: Le Projet d’Amélioration de la Productivité agricole et de la Sécurité Alimentaire (PAPSA) s’inspire des mécanismes nigériens de distributions d’intrants agricoles et du fonctionnement de leur CRA

Du 22 au 29 Avril 2018, une mission du Projet d’Amélioration de la Productivité agricole et de la Sécurité Alimentaire (PAPSA) a effectué un voyage d’études et d’échange d’expériences en République du Niger.

La mission  était composée d’un représentant du Secrétariat Général du Ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydrauliques (MAAH), une équipe de la Coordination Nationale du PAPSA, les Président et vice-président de la Chambre Nationale d’Agriculture (CNA), le Point Focal PAPSA en charge de l’Agriculture du MAAH, des représentants des Directions Générales du MAAH dont (DGPV, DGPER, DGFOMER), un représentant des distributeurs d’intrants privé (AGRODIA) et un représentant de la Confédération Paysanne du Faso (CPF). Cette mission avait pour objectif de renforcer les capacités des CRA et les structures de l’Agriculture en charge de la distribution des intrants au profit des producteurs et ainsi que la gestion de l’information sur les marchés agricoles (système d’information). Elle a été conduite par Le Dr SAWADOGO/KABORE Séraphine Coordonnatrice Nationale du PAPSA.

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Le PAPSA intervient dans les sous-secteurs du développement rural notamment l’agriculture, l’eau, l’élevage et l’environnement. Pour ce qui concerne l’agriculture, les filières ciblées sont le mil, le sorgho, le maïs, le riz, le niébé, l’igname, la patate douce, le manioc, l’oignon, la tomate pour les productions végétales et la volaille locale, le porc, le lait, le bétail/viande ainsi que le poisson pour les productions animales et halieutiques. Dans le domaine de l’environnement l’intervention du projet porte sur les produits forestiers non ligneux (PFNL) et la protection de la faune sauvage pour les productions forestières et fauniques.

Dans la mise en œuvre de ses activités, le PAPSA apporte un appui à la commercialisation des produits agricoles à travers le système d’information sur les marchés agricoles (SIMA). Il intervient également dans l’organisation et le fonctionnement des chambres régionales d’agriculture (CRA) et dans le mécanisme de distribution d’intrants agricoles.

Pour l’information sur les marchés agricoles, le Burkina Faso a élaboré un plan d’actions pour le renforcement des capacités des systèmes d’information sur la sécurité alimentaire (PA-SISA) dont l’objectif prioritaire est de doter le pays d’un système d’information (SI) orienté vers les défis nouveaux de développement et utile à la prise de décision. C’est dans ce cadre que la Direction générale de la promotion de l’économie rurale (DGPER) a assuré depuis 2011, le processus de rénovation et d’harmonisation des systèmes d’information sur les marchés agro-sylvo-pastoraux (SIMA). Ce qui a permis d’obtenir des résultats assez appréciables notamment la tenue régulière des Comités techniques de suivi (CTS) du SIMA ; la collecte régulière des données sur les marchés ; la diffusion des mercuriales des prix, la diffusion des informations de la plateforme par les radios rurales ; des intentions de vente et d’achat (84 180 et 112 853 tonnes respectivement), des transactions sur environ 21 000 tonnes de produits agricoles. Malgré les efforts, on constate une faible adhésion des acteurs (faible niveau d’enregistrement des acteurs sur la plateforme (14 843 acteurs), une irrégularité dans le suivi de certains marchés pour pannes de Smartphones et une faible adoption de la plateforme par les opérateurs SIM du a des insuffisances techniques, etc.

Dans le cadre du renforcement des capacités des CRA, le PAPSA assure un appui en personnel, en équipements et matériels roulants depuis 2011 et prend en charge la tenue des sessions statutaires. Mais la question de l’autofinancement des activités des CRA demeure posée et il convient de trouver des approches pour accompagner les CRA en vue d’y remédier.

En ce qui concerne la distribution des intrants, la mise en œuvre du mécanisme national élaboré en 2013 ne permet toujours pas d’assurer une gestion efficiente pour l’amélioration de leur impact sur la productivité agricole et contribuer à une sécurité alimentaire durable des ménages en milieu rural. Son application n’est pas aisée et nécessite des outils adaptés pour assurer une visibilité à tous les niveaux : identification des bénéficiaires par un comité au niveau communal pour les villages (chef ZAT ; maire ou son représentant ; représentant de la CRA) et un comité villageois pour les producteurs (agent d’agriculture ; représentant de la CVD et représentant de la CRA) ; enregistrement de fiches d’expression des besoins et d’achat des engrais et des semences, etc. Des réflexions sont en cours sous la direction de la Direction générale des productions végétales (DGPV).

Cette mission d’échanges a été initiée par le Projet d’une part, dans le but de s’inspirer des expériences développées par le Niger en matière de fonctionnement des CRA et du SIMA, de distribution électronique des intrants, en vue de renforcer les compétences et consolider les connaissances des acteurs et d’autres part, pour redynamiser le fonctionnement du SIMA et la distribution des intrants agricoles.

La mission a ainsi démarré ses travaux avec une séance de travail avec l’équipe du Programme de Productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO Niger) sur l’agenda des différents sites retenus pour les visites ainsi que des structures à rencontrer.

L’introduction a commencé avec le mot de bienvenue de Monsieur DAN JIMO Baïna, Coordonnateur du PPAAO Niger qui a au nom de toute son équipe manifesté sa reconnaissance et sa joie pour le choix de son Pays pour réaliser ce voyage d’études. Après les présentations d’usage, le programme a été déroulé par Monsieur Mahaman Chamsou Maïgary chargé de la communication du PPAAO Niger.

Par ailleurs, une visite de courtoisie aux autorités a conduit la mission le mercredi 25 Avril 2018 au Ministère de l’Agriculture et de l’élevage où elle a été reçue par le secrétaire général dudit ministère.

Les travaux se sont déroulés par la suite en salle avec des présentations en plénière suivi d’échanges et des sorties terrain qui ont conduit la mission auprès des communautés bénéficiaires des actions du PPAAO et de certaines structures privées et étatiques intervenants dans la distribution des intrants agricoles.

Pour ce qui concerne les présentations, elles ont été axées sur le système électronique de distribution d’intrants agricoles appelé E voucher, le fonctionnement des chambres d’agriculture, le centre d’appel pour le conseil agricole « Lambobin manoma », le SIMA et le SIM-Bétail au Niger. Des séances d’échanges et de travail ont également été réalisées avec des structures comme la ferme semencière Aïnoma, le centre AGRHYMET et la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA).

La visite au siège du réseau National des Chambres d’Agriculture (RECA) a permis à la mission de suivre une présentation sur le centre d’appel pour le conseil agricole. Il a pour rôle d’apporter des appuis-conseils (sur les attaques des cultures, les prix des produits maraichers, les semences…) aux producteurs via le réseau de téléphone mobile. Cette assistance se fait en langues locales (Haoussa et Zarma) avec l’utilisation des réseaux sociaux comme le WhatsApp vocal.

Les visites terrains ont conduit la mission d’abord dans la commune rurale de Dargol située à 130 km de Niamey. Dans cette localité, la mission a rencontré des éleveuses de petits ruminants (chèvres rousses) du village de Garbougna bénéficiaires du PPAAO Niger. Elles ont été ravitaillées grâce au système de distribution électronique d’intrants « E voucher ». Une visite à domicile de l’une des bénéficiaires d’un groupement de vingt-cinq (25) femmes a conduit la mission dans la concession de madame YOUNOUSSOU Hadjara qui s’est d’ailleurs prêtée aux questions sur son activité.

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La mission a ensuite rencontré un groupe de femmes au village de   Hillo Koira Zene qui a reçu des intrants par le même système E voucher avec lequel elle s’est également entretenue. Le système Evoucher est une innovation qui consiste à distribuer de façon électronique grâce au téléphone portable des kits d’intrants qui peuvent être des semences, des engrais, du matériels et équipements agricoles, pêches, animaux, aliments pour bétail etc. aux producteurs. Selon leurs impressions partagées avec la mission, elles trouvent que le système E voucher est très bénéfique car il leur permet de recevoir directement leurs intrants sans aucun intermédiaire et moyennant zéro franc. Ce système fonctionne sur la base de trois éléments fondamentaux  à savoir une base de données des producteurs, un répertoire des fournisseurs d’intrants et équipements agro-sylvo-pastoraux et halieutiques et une « plateforme » électronique qui nécessite un dispositif composé d’un serveur, d’un site web et de téléphones portables permettant la mise en relation des bénéficiaires des subventions et les fournisseurs d’intrants et équipements agro-sylvo-pastoraux et halieutiques.

A Dosso une région située à 120km de la capitale (Niamey), la mission a rencontré l’équipe de coordination de la Chambre Régionale d’Agriculture « CRA ». Après la présentation de la structure, ses missions et son fonctionnement, des échanges fructueux et enrichissants ont été engagés entre les deux équipes à la suite desquels des explications et éclaircissements ont été apportés. Dans cette même région la mission a visité aussi une structure semencière privée dénommée « HUSA’A.

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Avec ces divers échanges entretenus avec les structures rencontrées et les témoignages recueillis auprès des populations bénéficiaires, la mission a pu découvrir les particularités et certaines spécificités du système nigérien en matière de distribution d’intrants agricoles, de fonctionnement de leur système d’information sur le marché Agricole et de leur CRA.

Ce voyage d’études a permis à la mission de rencontrer les partenaires et les bénéficiaires du PPAAO Niger et d’échanger sur les mécanismes et les enjeux des questions de distributions électroniques d’intrants et du fonctionnement des chambres d’agricultures des deux Pays. Il a également permis aux participants d’acquérir des connaissances nouvelles leur permettant d’améliorer et de redynamiser le système de distribution d’intrants, du fonctionnement des chambres d’agriculture et de la plateforme SIMA.

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